Début du combat : 13/08/2015

Combat porté par : Xavier

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En Charente-Maritime, La Palmyre-Les Mathes, commune reconnue aujourd’hui pour son Parc Marin de l’estuaire et des Pertuis, crée le 4 mars 2015, est menacée par l’extraction de granulats. Le lieu d’extraction prévu serait à seulement 500 mètre de cette zone protégée.

Pour comprendre la menace qui pèse sur ce lieu il nous faut revenir un an en arrière. En 2014 l’Etat a mis en place une enquête publique en vue d’attribuer une concession minière marine, pour une durée de 30 ans, sur le Banc du Matelier, à 1 Km de la Côte Sauvage et de la baie de Bonne Anse. Ce projet prévoit l’extraction de plus de 13 millions m3 de granulat...

Cette extraction va fortement impacter les milieux comme la baie de Bonne Anse qui est réputée comme étant une zone de forte migration et de reproduction. Plusieurs millions d’oiseaux en provenance du Groenland, d’Islande, ou encore Sibérie passe par cette zone, en direction de l’Afrique. Les vasières telles que Bonne Anse sont alors pour eux une étape inestimables, autant pour leur alimentation que pour leur repos. Ces zones abritent également une avifaune sédentaire.

Le paysage va souffrir d’une lourde modification. L’extraction va engendrer la disparition des bancs de sables, et fera peser de lourde menace sur la dune et le trait de côte. Ces destructions des barrières naturelles vont provoquer un effet domino. Le littoral dénudé et la protection naturelle qu’il représente verra alors leurs vulnérabilités aux aléas climatique et météorologique aggravé. La forêt domaniale et le phare de la Courbe seront également en danger car protégés en grande partie par la dune. En dehors des infrastructures terrestres, ce sont aussi les milieux halieutiques qui vont être fortement touchés avec la destruction des frayères du banc Matelier. A tout cela s’ajoutera également les pollutions liées aux métaux lourds et l’ensemble des risques industriels inhérents à ces activités d’extraction de granulat.

Les impacts environnementaux, bien qu’importants, ne seront pas les seuls. La dégradation des milieux va entraîner des problématiques socio-économiques, liées aux activités de pêche, d’ostréiculture, mais aussi de tourisme.

Les commissaires enquêteurs on rendu rendre un avis favorable au projet. Ils ont cependant assorti leur avis de plusieurs réserves, relevant, par exemple, des insuffisances, imprécisions et même des insuffisances dans l’étude d'impact environnemental. Les commissaires enquêteurs notent également la nécessité d’un suivi de l’environnement tout au long du chantier d'extraction. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, cela n’était pas prévu dans le projet qu’ils ont eu à analyser…

Sur le terrain, les résistances et les oppositions d'élus ou d'associations de défense de l'environnement sont nombreuses. Cet état des lieux illustrent parfaitement le traitement jacobin de ce dossier et le manque total de prise en compte des territoires et des usages. Il eut été tellement plus simple de procéder à une identification des acteurs et des usages puis de constituer une commission dédiée permettant d’évaluer la vulnérabilité des usages et d’évaluer l’opportunité du projet. Au lieu de ça, comme de mauvaise coutume, la démarche fait fi de toute concertation et des stratégies territoriales d’aménagement de l’espace qu’il s’agit de mettre en place, démarche que l’Europe met pourtant en place et qui s’imposera à l’ensemble des états de l’Union Européenne dans les prochaines années.

En 2015 après validation du projet par l’Autorité Environnementale, par le Conseil Scientifique de l’Estuaire de Gironde ou encore de la Commission d’enquête chargée de recueillir les données de l’enquête publique précédemment effectuée, Xavier Renaudin Gardien de la Côte décide d’agir pour lutter contre cette décision. Il rentre en contact avec Surfrider Foundation Europe et constitue rapidement un dossier Gardiens de la Côte avec l’objectif de lutte contre ce projet.

Le Gardien

Xavier, Responsable de l'antenne SFE - Royan

2012 : La société Granulats Ouest fait une demande conjointe avec la société DTM (Dragages, Transports et Travaux Maritimes) afin d’obtenir pour trente ans une concession maritime visant à l’exploitation de granulats marins.

Du 15 septembre au 17 octobre 2014 : Organisation par la préfecture d’une enquête publique afin de recueillir les avis sur l’exploitation de la zone.

4 novembre 2014 : La conclusion de l’enquête tombe. La Commission d’enquête valide le projet d’extraction. Cependant de nombreuses réserves sont émises. On peut citer entre autres les impacts sur les marées, houle et vagues ou encore la disparition du trait de côte. Des espèces protégées semblent menacées comme l’anguille européenne.

1er décembre 2014 : Réunion plénière organisée par la CLE SAGE ESTUAIRE, qui estime que le projet n’est pas viable.

17 janvier 2015 : La CSEG dépose un avis mitigé quant aux impacts de l’extraction des granulats. L’avis met en exergue les difficultés d’exploitations liées aux hauts fonds mais remet aussi en question la pérennité des ressources.

Février 2015 : Constitution d’un dossier Gardien de la Côte ayant pour objectif l’arrêt du projet

Chronologie des faits

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