Début du combat : 06/11/2013

Combat porté par : Frédéric

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A Loctudy, le clapage ou l’immersion en mer des fonds extraits lors du dragage des ports de Loctudy et Lesconil provoque des remous. Le clapage rejette une vase épaisse à dispersion difficile ainsi que les macro-déchets des ports sur les fonds d’une zone Natura 2000. Combat longtemps mené seul par les pêcheurs de langoustine, ils sont rejoints aujourd’hui par Frédéric, le Gardien de la Côte, avec le soutien de Surfrider Foundation Europe.

Les fonds extraits lors des opérations de dragage des ports de Loctudy et Lesconil ne sont pas susceptibles d’être rejetés en pleine mer, encore moins dans une zone Natura 2000. La vase, trop épaisse pour se disperser, provoque l’asphyxie des fonds marins en empêchant la photosynthèse ; les langoustines quant à elles se retrouvent littéralement momifiées sur place par une telle vase. Le problème ne s’arrête pas là, car le clapage est en effet connu pour contribuer au transfert d’éléments polluants et ce sont moteurs de bateau, pneus et autres macro-déchets tous issus du dragage du port qui sont retrouvent dans les filets des marins pêcheurs. Le clapage est donc fortement suspecté de polluer la zone Natura 2000 « Roches de Penmarch’ ».

Entre un écosystème asphyxié, des langoustines enterrées vivants par une vase trop compacte, et des macro-déchets transférés des ports vers la pleine mer, le constat est alarmant.

Le Gardien

Frédéric, membre du "collectif Bigouden anti-clapage".

1998 : Le projet de draguage du port de Loctudy est initié au vue d'un envasement conséquent.

2007 : Le port de Lesconil est associé au projet.

8 Septembre 2010 : Une enquête publique est lancée. Les pêcheurs ne peuvent y assister car celle-ci se déroule pendant leur journée de travail. En rentrant de la pêche ils trouvent porte close et ne peuvent donc faire part de leur point de vue. Ils se sentent écartés de la concertation, donc de l'enquête publique alors que ce sont les premiers intéressés. Ils décident donc d'interpeller le commissaire-enquêteur pour lui faire part de leurs revendications.

8 Octobre 2010 : Le dernier jour de l'enquête publique, les pêcheurs organisent avec le comité des pêches, une manifestation à Loctudy et remettent un contre-rapport au commissaire-enquêteur. S'ils ne sont pas opposés au dragage, nécessaire pour rétablir la profondeur des ports, ils le sont au clapage. D'un côté des actions sont mises en place pour protéger la ressource, de l'autre on détruit une ressource protégée par le rejet de vases polluées sur une zone classée Natura 2000 (directives "oiseaux" et "habitats").

Les effets du clapage sont bien connus des représentants du comité des pêches, un cas précédent existant au large de l'Irlande atteste de la nocivité de cette pratique. Malgré l’avis des pêcheurs, la commune de Loctudy vote pour l'exécution des travaux.

10 Décembre 2010 : Le commissaire-enquêteur donne un avis favorable pour les travaux de dragage/clapage. Ceux-ci sont approuvés par le conseil général en la personne de son vice-président Michael Quernez.

24 Décembre 2010 : Les pêcheurs rencontrent France Nature Environnement qui émet des hypothèses sur la perturbation de l'écosystème marin : stérilisation des fonds marins, turbidité, pollution des sédiments. Pour FNE, les opérations de clapage en mer sont contradictoires avec la réglementation européenne, et aussi avec la présence d'une zone Natura 2000.

14 Mai 2011 : Les associations de plaisanciers mettent la pression sur les pouvoirs publics pour faire draguer les ports (de plaisance) d'urgence, avant même que le préfet est rendu l'arrêté préfectoral autorisant les travaux.

17 Juin 2011 : Le préfet autorise les travaux, y compris le clapage. Le comité des pêches lance une procédure en justice pour les faire stopper, épauler par les associations environnementales. L’évaluation d'incidence Natura 2000 est jugée insuffisante par ces mêmes associations.

7 Mars 2013 : Début des travaux de dragage et clapage.

30 Mars 2013 : Un trait de chalut constaté par huissier met en évidence le non-respect du cahier des charges. Des débris d'extincteurs et des blocs de pierres sont repêchés. Nous sommes loin du 1 mm de vases imposés par le cahier des charges.

5 Avril 2013 : Le vice-président du conseil général constate les irrégularités et fait stopper les travaux.

10 Avril 2013 : Les travaux reprennent après que des mesures correctives aient été apportées par l'entreprise Merceron. Un élu se demande si le dossier est suivi correctement. Il y a une volonté de ne pas perdre de temps.

16 Avril 2013 : Les pêcheurs se mettent en association pour protester contre cette "décharge en pleine mer". Ils sont bien décidés à faire stopper le clapage.

 

21 Avril 2013 : Un nouveau référé est déposé auprès du tribunal administratif pour statuer sur la situation des travaux en cours. De plus, une audience est sollicitée auprès du préfet.

23 Avril 2013 : Nouveau constat d'huissier sur un trait de chalut effectué par les pêcheurs qui constatent des pierres et de nombreux déchets plastiques.

24 Avril 2013 : Rencontre entre les pêcheurs et le préfet. Celui-ci demande une nouvelle suspension des travaux au conseil général.

2 Mai 2013 : Le conseil général suspend pour la seconde fois les travaux.

28 Avril 2013 : Les pêcheurs demandent l'arrêt des travaux. Ils se sentent exclus des décisions car les réunions se déroulent quand ils sont en mer. Ils ne croient pas aux nouvelles dispositions prises.

8 Mai 2013 : Les plaisanciers font pression médiatique avec le maire de Loctudy en manifestant à Loctudy pour la reprise des travaux.

15 Mai 2013 : Le président du conseil général du Finistère, Pierre MAILLE, annonce la reprise des travaux. Les pêcheurs sont, une nouvelle fois, déboutés au tribunal.

Création de la page facebook « Stop au clapage des boues du port de Loctudy » par le Gardien de la Côte. Recherche documentaire sur le clapage pour donner des arguments aux pêcheurs. Au fur et à mesure de ces recherches, il apparait que les rapports de recherche sur les travaux réalisés par des chercheurs ont les conclusions qui restent vagues. Il apparait que tout repose sur du théorique. Il n'y a pas assez de recul à long terme sur ces techniques. Il y a aussi de gros points d'interrogation sur les conséquences et les impacts environnementaux de ces techniques. Certains documents prouvent qu’il est plus dommageable de faire les travaux que de laisser en l'état.

18 Mai 2013 : Les travaux reprennent.

22 Mai 2013 : Les pêcheurs encerclent la barge de clapage l'empêchant de travailler pendant toute la  journée. En soirée, ils débarquent leurs caisses de criée remplies de vase devant la criée.

24 Mai 2013 : Eau et Rivière de Bretagne redemande l'arrêt du chantier. Une pétition conjointe du comité des pêches et des pêcheurs voit le jour.

26 Mai 2013 : Lors du conseil municipal du Guilvinec (port de pêche), les élus apporte leur soutien aux pêcheurs sur le respect du cahier des charges.

6 Juin 2013 : Eau et rivières de Bretagne, Bretagne Vivante SEPNB et FNE souhaitent que le préfet fasse stopper les opérations de clapage.

10 Juin 2013 : Les pêcheurs ne s'estimant pas assez écouté quittent le comité de pilotage de Natura 2000 dont le comité des pêches est le gestionnaire.

18 Juin 2013 : Appel à une manifestation le Samedi suivant à Loctudy. L'association des pêcheurs professionnels du littoral appelle à manifester contre les opérations de clapage. Eau et Rivières de Bretagne, Bretagne Vivante, France Nature Environnement, la section du Parti communiste du Pays Bigouden appellent à manifester, tout comme le Front de gauche du Pays bigouden, EELV et le NPA.

19 Juin 2013 : Le collectif bigouden anti-clapage apprend que des travaux de dragage sont en cours à Port-La-Forêt et s'y rend. Suite à la montée de la contestation, une solution a été trouvée à terre. Dans le projet préalable, il était question de clapage mais la ville de Port-La-Forêt a opté pour une solution alternative qui consiste à valoriser les boues dans les constructions environnantes après traitement.

22 Juin 2013 : La manifestation est un succès. Il y a deux fois plus de monde qu’à la manifestation organisée par les plaisanciers.

24 Juin 2013 : Le week-end de la manifestation les pêcheurs oblige la barge Empédocle à mouiller au large par mer forte et empêchant aussi la relève de son équipage.

11 Juillet 2013 : Les élus de Lesconil émettent des réserves quant à la solution du clapage en mer.

22 Juillet 2013 : Dragage du chenal du port de Loctudy (en principe toute opération de ce type est interdite durant l'été). Un plaisancier se permet de se moquer des pêcheurs. On sent qu'il y a 2 parties qui ne vont pas dans le même sens. Les pêcheurs d'un côté et les plaisanciers de l'autre.

10 Aout 2013 : Les pêcheurs sont présents à la Fête de la Langoustine, non pas pour présenter le produit de la pêche normale, mais le résultat d'un trait de chalut effectué à proximité de la zone de clapage.

28 Aout 2013 : Lors du comité de suivi des travaux, le conseil général s'auto-satisfait des travaux effectués. "Il n'y a pas eu d'impact "selon celui-ci.

31 Aout 2013 : Un pique-nique de la mer est organisé à Loctudy pour officialiser la création du collectif bigouden anti-clapage avec la presse locale. Les travaux de dragage et de clapage ne reprennent pas suite à une défaillance matérielle

2 Septembre2013 : Des déchets du dragage sont retrouvés hors zone de clapage par des pêcheurs de Loctudy.

8 Septembre 2013 : Les travaux reprennent.

Novembre 2013 : Surfrider Foundation Europe apporte officiellement son soutien au collectif bigouden anti-clapage et à Frédéric Faou via le programme « Gardiens de la Côte ».

7 Décembre 2013 : 15 tonnes de déchets sont retirées du port de pêche de Loctudy lors des travaux de dragage. Le collectif Bigouden anti-clapage à contacté la LPO. En effet, vu l'étendu de la pollution, il pourrait exister une menace pour les espèces protégées migratoires qui fréquentent la rivière de Pont-l'Abbé.

D'autre part le collectif bigouden anti-clapage souhaiterait participer à la prochaine réunion du comité de suivi pour revendiquer l'application du "principe de précaution" visant à prévenir une catastrophe environnementale pouvant s'avérer irréversible avec des conséquences sur la santé des gens qui consommeraient les produits de la mer, qui utiliseraient les eaux de baignades et aussi sur l'emploi des pêcheurs et les emplois indirects qu'ils génèrent à terre. Les conséquences sur l'aquaculture et la proximité de la zone de clapage avec les lieux de production d'algues, de coquillages et crustacés sont à étudier. De même que l'impact sur la faune et la flore marine ainsi que les oiseaux. Il sera demandé le respect de la charte Natura 2000 des roches de Penmarc'h, zone protégée par les directives Européenne "oiseaux" et "habitats" dont la France est signataire et garante de l'application. En vertu de quoi, il sera demandé l'arrêt immédiat des travaux dans les conditions actuelles d'exercice.

19 mai 2014 : Les travaux de dragage ont débuté au port de Lesconil.
A une cinquantaines de mètres de la sortie du port sur la gauche, il y a une ria appelée le ster qui sert de frayère de reproduction à des poissons plat (dorade, sole, écrevisse) et un petit peu plus loin une plage de sable fin appelée les "sables-blancs".

13 juin 2014 : Les associations environnementales ont eu gain de cause devant le Tribunal administratif de Rennes. Les magistrats ont en effet annulé l’arrêté du 16 juin 2011 autorisant les travaux de dragage et de clapage dans les ports de Loctudy et de Plobannalec-Lesconil.

Chronologie des faits

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